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AG du Syneg : entre préoccupations et dynamisme

17 juin 2022
AG du Syneg : entre préoccupations et dynamisme
Les représentants des organisations de la filière présents à l’Assemblée générale du SYNEG le 16 juin 2022 De g. à d. : Tugdual PAPILLON (SNEFCCA), Guillaume KLUN (CINOV RESTAUCONCEPTEURS), Denis DAVEINE (FCSI France), Marc GRANDMOUGIN (RESTO FRANCE EXPERTS), Vincent STELLIAN (SNEFCCA), Pierre MARCEL (SYNEG), Alain FRATANI (GIF), Vidal SEBBACH (UMIH IdF), André-Pierre DOUCET (SYNEG)

Comme à son habitude, c’est dans une ambiance conviviale que l’Assemblée Générale du Syneg s’est tenue le 16 juin dernier à la Maison de la Mécanique à Paris La Défense. L’occasion de faire le point sur la conjoncture, les actions du syndicat et l’état de la filière.

A l’issue de l’Assemblée Générale du Syneg*, le président Pierre Marcel, réélu Président du Conseil d’Administration pour un nouveau mandat de deux ans, a tenu un point presse lors d’un buffet déjeunatoire « libre et décomplexé » qui réunissait adhérents et invités de la filière de la restauration hors-domicile et de la blanchisserie.
A ce jour le Syneg compte 61 entreprises adhérentes, avec 5 nouveaux adhérents par rapport à l’AG 2021 : Angelo Po, Animo, Liebherr représenté par Eberhardt, Meiko, Sofinor.


Un nouveau conseil d’administration a été élu avec 5 administrateurs sortants qui ont obtenu le renouvellement de leur mandat et 4 nouveaux administrateurs : Eric Buffet (Winterhalter), Hervé Giraud (GEL KIT/Odic) qui remplace Xavier Baro (ODIC), ce dernier ayant officiellement annoncé son départ à la retraite d’ici l’été, Alexander Lohnherr (Meiko) et Philippe Mang (Safexis).
L’Assemblée Générale a également officialisé la création d’une nouvelle Commission RSE présidée par Eric Buffet avec trois grands objectifs : valoriser la filière et montrer la responsabilité du Syneg sur ce sujet majeur, proposer aux adhérents du syndicat une méthodologie simple pour mettre en place une stratégie RSE, partager les actions et expériences pour s’en inspirer. Pour mémo, le Syneg a déjà engagé des actions de communication sur ce thème.
« La Commission tiendra sa réunion d’installation le 28 juin, avec pour première mission la rédaction d’une feuille de route 2022-2023. Il ne fait aucun doute que nos partenaires de la filière y seront associés à un stade ou à un autre » a indiqué le Président qui a rappelé que l’objectif du syndicat était de produire de la valeur ajoutée au profit de ses adhérents. « Le résultat du travail de nos Commissions et groupes de travail, de nos permanents et du soutien de la FIM (ndlr. Fédération des industries mécaniques dont le SYNEG est adhérent) sont précieux » a-t-il dit. Rappelant que statistiques, sondages, informations (Syneg Infos, Newsletter, notes de veille), conseil personnalisé (juridique et technique), services (rédaction de normes, recherche et développement avec le CETIM), influence (taxes, réglementations, notes de positions et notes techniques) etc. faisaient partie du quotidien des permanents qui orchestrent l’ensemble.

Hausse des prix des matières premières, pénuries…

« Pourquoi sommes-nous à la fois une source de problème et une source de solutions pour les installateurs et leurs clients aujourd’hui ? » a demandé Pierre Marcel pour introduire les données conjoncturelles. « Nous sommes une solution lorsque le matériel arrive dans les délais ; nous sommes un problème lorsqu’il n’y a plus de disponibilité et des hausses de prix multiples ».

Les chiffres sont pourtant bons : une croissance des ventes en France de 22% en valeur en 2021 (y compris effet hausse de prix), +39% à l’export malgré le maintien de nombreux pays en semi-confinement Covid et pour finir un chiffre d’affaires 2021 qui dépasse celui de 2019 de +4,5%. Mais, car il y a un mais, les volumes sont en baisse de 6%. Un écart que le président explique du fait des hausses de prix de vente.

« L’inflation des prix d’achats des métaux approvisionnés par les industriels du SYNEG a démarré dès octobre 2020, bien avant la guerre en Ukraine. Mais les hausses de prix continuent. Pourquoi ? Parce qu’il y a un déséquilibre entre l’offre insuffisante et la demande forte. Le marché européen manque de métaux en raison des réductions de capacités en Europe et des barrières douanières mise en place dès 2015 par l’Europe afin de sauver la sidérurgie européenne face aux importations asiatiques. Ce protectionnisme probablement indispensable afin d’éviter la disparition totale d’une industrie stratégique, la sidérurgie, a généré une situation de marché déséquilibrée. Le secteur « amont » est excessivement protégé au détriment du secteur « aval », c’est-à-dire nos clients et nous, secteur aval qui subissons des hausses de prix d’achats excessives. Le principal aciériste fournisseur du marché français génère ainsi une rentabilité artificielle créée par ces protections et ce déséquilibre de marché. Son rapport annuel 2021 mentionne un EBE de 23% du CA et de 33% au dernier trimestre 2021, encore en hausse au 1er trimestre 2022. Pour comparaison, l’EBE moyen des industries mécaniciennes en France est de 6%. L’aciériste leader génère ainsi 5 fois plus de rentabilité que ses clients mécaniciens. Pour résumer, nous avons dans le marché des aciers une situation de pénurie qui alimente des politiques de marges excessives à notre détriment. Nous avons alerté les Pouvoirs Publics ». Ce sujet, Pierre Marcel l’avait déjà évoqué lors de la Convention du GAFIC en mai dernier.

Denis Daveine, Président du FCSI France, et Vincent Stellian, Président de la Commission Cuisine du SNEFCCA ont tour à tour pris la parole pour rappeler leurs engagements dans l’objectif de travailler main dans la main avec toute la filière

Pour fermer la page conjoncture sur un constat moins amer, il a souligné le dynamisme du foodservice et ses innovations ainsi que « les relations de travail professionnelles apaisées dans notre filière entre les bureaux d’études, les installateurs et les industriels ».
Des relations également évoquées par Vincent Stellian, Président de la commission cuisine au SNEFCCA, qui a confirmé que du côté des installateurs, les hausses de prix ininterrompues sont difficiles à gérer tout comme la disponibilité. Pour tenter de mieux répondre à cette situation, il a annoncé que le SNEFCCA travaillait à établir un indice de revalorisation des prix qui pourrait s’adapter à la conjoncture en tenant compte des variables masse salariale, coût matière et énergie. Il a également confirmé que la nouvelle qualification Qualicuisine prenait le chemin de la certification. Des informations sur lesquelles nous reviendrons dès que nous aurons plus de détails.

L’attractivité de la filière en question

Autre sujet brûlant que le Président Pierre Marcel a souhaité évoquer : l’attractivité de la filière. « Industriels, installateurs, établissements de restauration et même bureaux d’études font le constat alarmant d’un déficit chronique de techniciens et de personnel de service… Il est à peu près acquis que les jeunes en recherche de formation, d’apprentissage et d’emploi renâclent à intégrer les métiers de l’industrie, de la maintenance et du service, en cuisine ou en salle, au profit des nouveaux métiers, comme ceux de l’économie numérique par exemple. En cause : amplitudes horaires, conditions de travail supposées pénibles, perspectives et salaires. Dans l’industrie, nous estimons à 15% en permanence les besoins en frigoristes non-satisfaits. Et quand bien même les formations attirent des candidats, 45% des apprentis de l’hôtellerie/restauration/tourisme ne vont pas au terme de leur contrat selon une enquête de la Fafih, l’Opca de la filière. Nous avons donc à relever ensemble un formidable défi : celui de la marque employeur appliquée à toute la filière. Pour autant, c’est un paradoxe, la gastronomie n’a jamais suscité autant d’intérêt dans l’opinion publique. Il y a donc bien une réflexion collective à mener pour analyser les causes objectives de ce déficit d’image et relever le niveau d’attractivité de notre filière, par exemple en mutualisant les moyens de nos professions et en mobilisant les Pouvoirs publics ». Sur ce sujet, Guillaume Klun, qui représentait Cinov Restauconcepteur, a souligné les nombreuses actions entreprises par le syndicat qui représente les bureaux d’études dans le domaine de la formation avec l’ambition de rétablir un CQP plus orienté maîtrise d’œuvre pour compléter ce que propose l’ISTHIA. De son côté Marc Grandmougin a annoncé la participation de l’association à la création prochaine d’un diplôme européen qualifiant dans le domaine de l’ingénierie mais sans en donner plus de détails, car le dossier est en cours. On a donc hâte d’en savoir plus…

Marc Grandmougin, Président de Resto France Experts

Des annonces qui montrent l’implication de toute une filière, tournée vers l’avenir et mobilisée pour faire avancer les sujets et thèmes qui la préoccupe. Une filière qui avance pas à pas pour construire des fondements solides en phase avec les transformations du secteur. Mais une filière qui doit aller plus vite pour parvenir à suivre les mutations de notre société démontrées par Nicolas Nouchi, CHD Expert, à l’occasion d’une conférence qui a clôturé cette journée.

Nicolas Nouchi, CHD Expert

* SYNEG : Syndicat qui regroupe les équipementiers de la restauration hors-domicile et de la blanchisserie

Nelly Rioux