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Le Gafic tire les bénéfices de sa plateforme et de ses spécificités

23 mai 2022
Le Gafic tire les bénéfices de sa plateforme et de ses spécificités

Sur fond d’une activité en forte croissance, le Gafic a tenu sa 16e Convention à Madère. L’occasion pour Marc Maraouani, son Pdg d’annoncer qu’il passait la main à deux Dg adjoints : Guillaume Fromager et Florent Mégard.

Pour le Gafic, cette convention était bien celle de la reprise. Celle des contacts entre adhérents et fournisseurs d’abord, alors que la dernière remontait à 2019, et non à 18 mois, du fait du Covid. Mais aussi celle d’un retour en grande forme. Après une année 2020 marquée par une stabilité des affaires par rapport à 2019, 2021 affiche d’excellents résultats avec un total de 80 millions d’euros d’achats chez les fournisseurs référencés par le groupement (contre 43 millions en 2017 et 68 millions en 2020 ). Cette progression de 27 % en un an est notamment à mettre au crédit de sa plateforme, unique en son genre dans ce secteur. Agrandie encore récemment à Genlis (21) et totalisant 13 500 m2, elle a permis de stocker de fort volume ces derniers mois et ainsi d’amortir la hausse des tarifs et les problèmes d’approvisionnement. Cette stratégie combinée au dynamisme de la plupart des 121 adhérents installeurs distributeurs s’appuie aussi sur quelque 260 fournisseurs référencés. Ceux-là mêmes qui auront certainement été soulagés d’apprendre, qu’en raison des perturbations économiques actuelles, le référencement 2020 – 2023 était prolongé d’un an.

Les 100 millions dès 2022

Ces bons résultats et une très forte progression sur les 4 premiers mois de 2022, vont permettre d’atteindre 100 millions d’euros d’achats dès cette année, a annoncé Marc Marouani. Et ceci alors même qu’il prédisait cette performance seulement en 2025, lors de la précédente convention à Rhodes. C’est fort de ce bilan que Marc Marouani a annoncé son retrait de la direction opérationnelle du Gafic. 32 ans après son arrivée dans la coopérative, et en concertation avec le Conseil d’Administration qu’il continuera à présider jusqu’à la fin de son mandat en 2025, il passe la main à Guillaume Fromager et Florent Mégard. Le premier, actuel secrétaire général, et le second, directeur administratif et financier, deviennent directeurs généraux adjoints respectivement en charge de la relation avec les adhérents et le marketing pour l’un et responsable des opérations pour l’autre. À eux deux, ils affichent une expérience de 20 ans au sein du Gafic, aime à rappeler leur prédécesseur.

Poursuivre les partenariats

Charge à eux donc de continuer sur cette lancée, en fédérant notamment d’autres groupements comme cela a marqué l’histoire du Gafic rappelée par Marc Marouani en ouverture de la Convention. Le tout dernier partenariat vient tout juste d’être signé avec Gedal, une centrale de référencement depuis 40 ans dans le secteur de l’épicerie sèche et de l’hygiène qui compte 30 adhérents. Cette signature permettra aussi un rééquilibrage entre la cuisine pro qui représente actuellement 70 % des achats contre 30 % pour la distribution (qui regroupe les arts de la table, le mobilier l’hygiène et le matériel pour boulangerie, boucherie et autres métiers de bouche… ). Raillée au départ, cette diversité des activités est certainement plus que jamais une force dans ce contexte de forte fluctuation des affaires. Elle est aussi une source d’inspiration pour les adhérents soucieux d’évoluer et de se diversifier.

Travailler l’image en Cuisine Pro

Paradoxalement, le Gafic sait qu’il doit aussi renforcer son image dans le domaine de la cuisine pro, celles des arts de la table lui étant encore trop souvent accolée. Et dans le même temps, le groupement souhaiterait se renforcer en froid et n’exclut pas pour cela un partenariat dans ce domaine. D’ores et déjà des installateurs réalisant plus de 5 millions de CA rejoignent la coopérative, explique ses dirigeants. L’accent va aussi être encore renforcé sur la formation, tant pour les commerciaux que pour les techniciens. Le regret de Marc Marouani étant que la profession n’a pas réussi à se fédérer pour créer par exemple une école dans ce domaine.

Quand l’acier casse le moral…

Face aux évolutions du secteur, les responsables veulent continuer à s’entourer d’experts et spécialistes dans leur domaine. Lors de la convention est ainsi intervenu Marc Grandmougin pour parler des bureaux d’études et présenter Resto France Experts, association qu’il préside. Dans un contexte de ventes de matériels de cuisine professionnelle qui repartent fortement à la hausse, Pierre Marcel, président du Syneg, a exposé la hausse des prix d’achat réelle à laquelle sont confrontées les industries mécaniques. Statistiques à l’appui, cette inflation, débutée avant même la guerre en Ukraine, est alimentée par un déséquilibre « artificiel » entre l’offre et la demande sur ces matériaux. De fait, avec des producteurs d’acier très protégés (par différents mécanismes et taxes à l’importation), les industriels, fabricants tout comme les installateurs, revendeurs sont laissés à leur bon vouloir : les premiers affichant une rentabilité 5 fois supérieure aux seconds… Pour finir par une note positive, Pierre Marcel a voulu souligner que dans un pays où le nombre de repas pris à l’extérieur était toujours moins important que chez nos voisins européens, le marché des grandes cuisines reste promis à un bel avenir.

Des propos appuyés par l’exposé vidéo sur les évolutions de la restauration en général de Nicolas Nouchi, directeur du département insights de CHD Expert

En fin de convention ce sont les adhérents qui ont été mis à l’honneur au travers de la remise de plusieurs trophées. C’est par un spectacle d’Eli Semoun que s’est clôturé cette réunion. Sa présence, totalement inattendue pour les participants n’a pas manqué de produire un effet monstre à l’exemple du titre de son spectacle.

 

 

 

Pierre Le Mercier