Accueil - CHR/Collectivités - Cantines scolaires : les Restauconcepteurs montent au créneau

Cantines scolaires : les Restauconcepteurs montent au créneau

30 janvier 2021
Cantines scolaires : les Restauconcepteurs montent au créneau
Les cantines scolaires sont indispensables car elles participent aussi à une alimentation saine et équilibrée des enfants et des jeunes adultes.

Reconfinement ou pas, fermetures ou pas des cantines scolaires, CINOV Restauconcepteurs souhaite attirer l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité de repenser dès à présent ces espaces de restauration.

A l’heure où nous rédigeons cet article, les nouvelles mesures pour faire face à la propagation de l’épidémie de Covid-19, ne sont pas encore précisément définies. Qu’il soit hybride, souple ou strict, et même s’il n’a pas lieu, un nouveau confinement ou une fermeture des cantines risqueraient de porter un coup fatal à la restauration scolaire, aux convives comme aux opérateurs.

« Les cantines sont montrées du doigts parce qu’elles joueraient un rôle central dans les contaminations » explique Gilles Castel, secrétaire général de CINOV Restauconcepteurs, « mais c’est oublier l’importance de cette pause méridienne dans le processus de socialisation indispensable aux enfants pour se construire. En outre, la cantine a un rôle déterminant pour de nombreux enfants issus de famille en situation de précarité, fragilisés par la crise sanitaire et pour lesquels le repas pris à la cantine, sain et équilibré, est parfois le seul de la journée ». Sans compter qu’une nouvelle fermeture des cantines scolaires ou leur désorganisation porteraient un coup fatal à la restauration collective. « Il ne faut pas perdre de vue que c’est toute une filière qui est aujourd’hui en danger et qui risque demain de manquer cruellement de ressources. Il y a des plans sociaux dans les grandes sociétés de restauration et ceux qui ont conservé leur emploi s’interrogent quant à l’utilité de poursuivre leur carrière dans la restauration » poursuit le délégué général. « Si on n’y prend pas garde, les compétences vont s’envoler ».

CINOV Restauconcepteurs milite donc pour le maintien de la restauration coûte que coûte dans le secteur de l’enseignement et propose de travailler avec les acteurs locaux pour trouver de nouvelles solutions qui permettraient aux élèves de profiter pleinement d’un repas tout en sauvant le secteur sur le plan économique.

Les étudiants sont aussi concernés

Bien entendu les universités sont également concernées : « ces derniers temps on a beaucoup parlé des étudiants qui se retrouvent aujourd’hui dans des situations épouvantables, contraints de faire appel à l’aide alimentaire (Restos du cœur, Secours populaire, Croix Rouge…). Heureusement quelques initiatives ont vu le jour (ndlr : les repas à 1 €) et c’est tant mieux mais ça ne suffit pas, il faut aller plus loin » analyse le délégué général.

Ce sont donc les pouvoirs publics et les collectivités locales que les Restauconcepteurs souhaitent aujourd’hui interpeller, en les invitant à repenser dès à présent les espaces de restauration collective qui, portés aujourd’hui par Egalim, participent aussi à une alimentation saine et équilibrée des enfants et des jeunes adultes.

CINOV Restauconcepteurs considère par exemple qu’il est essentiel de repenser les espaces de restauration collective en planifiant l’usage des locaux dans le temps de manière à respecter les gestes barrière. « On a compris que la situation actuelle risque de durer dans le temps » indique Gilles Castel, « c’est maintenant qu’il faut réfléchir ensemble à des solutions nouvelles et innovantes pour être en mesure de s’adapter quelle que soit la situation sanitaire ». Pour Bruno Dettwiller, président de CINOV Restauconcepteurs, « il y a différents ajustements à faire qui induisent notamment de repenser les emplois du temps, l’organisation des transports en commun, et bien sûr la conception des lieux de restauration. Il faudrait notamment augmenter les surfaces utiles, en les rendant modulables afin d’assurer leur rentabilité en dehors des heures de repas ».
Une réorganisation qui nécessite de l’expertises et des formations spécifiques pour que demain, la restauration dans le secteur de l’enseignement devienne un exemple à suivre.

Nelly Rioux