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Transparence du ministère de l’Agriculture : erreur de jeunesse ou faille dans le système ?

Transparence du ministère de l’Agriculture : erreur de jeunesse ou faille dans le système ?

Suite à la publication de l’information sur notre site concernant la publication des contrôles d’hygiène par le ministère de l’Agriculture, un professionnel du secteur nous a très rapidement fait part de son étonnement… En cause : le restaurant Best Africa situé 50 boulevard de Strasbourg à Paris (10e) catégorisé « bon » pour son « hygiène ». Or, comme le soulignait notre contact, cet établissement avait fait l’objet d’un contrôle suite à une demande de la copropriété début décembre. Celle-ci dénonçait l’agissement des propriétaires de l’établissement qui, entre autres, ont dégradé les parties communes avec des poubelles fuyardes remplies de graisse, empesté l’air et fait revenir les rats dans l’immeuble… Sans parler d’une vision apocalyptique des arrière-cuisines comme en témoignent plusieurs photos dont une reproduite ci-dessous. Suite à son enquête, la Direction départementale de la protection des populations de Paris (DDPP) avait constaté « des anomalies sanitaires vétérinaires » et écrit dans un courrier que l’établissement continuera de faire l’objet d’une surveillance renforcée… Courant janvier, le Best Africa aurait été mis en liquidation. Ce qui est sûr c’est que le 24 février ce « restaurant » était bien fermé comme en témoigne notre photo. Et ce depuis 3 semaines, selon les témoignages. On comprend que notre internaute ait du mal à voir ici un restaurant exemplaire !

Phase d’expérimentation…

À la lumière de ce cas d’école, on peut s’interroger sur la pertinence d’un tel site officiel qui détient l’imprimatur du ministère de l’Agriculture ! D’où la question : erreur de jeunesse ou faille dans le système ? Le ministère que nous avons interrogé nous signale que le 23 décembre des actions correctives ont été demandées sur ce restaurant et que le 29 décembre un nouveau contrôle aurait justifié cette classification en tant que « bon »… Depuis notre prise de contact pour alerter sur ce dysfonctionnement, le fast-food a été supprimé du site du fait de sa fermeture mais pas à la demande des services de contrôle, précise le ministère. De ce qui nous parait toujours comme incompréhensible, on retiendra donc pour l’heure, comme l’a souligné l’Administration début février, qu’il s’agit d’une phase d’expérimentation. Le dispositif n’en sera pas moins généralisé dès le 1er juillet 2016 à l’ensemble du territoire, ceci pour répondre à la loi du 13 octobre 2014 qui renforce la transparence des résultats de contrôle d’hygiène dans les établissements de restauration. Mais pas que : tous les métiers de l’alimentation devraient être concernés… Parmi les réactions à cette mesure, on notera celle de Laurent Fréchet, président de la branche restauration au Synhorcat qui s’est exprimé notamment sur Sud Radio et TF1. L’UMIH de son côté alerte sur ce dispositif de notation « qui stigmatisera encore une fois toute une profession ». Pour Roland Héguy, président confédéral de l’UMIH, « ce système de notation ne doit pas être anxiogène pour le consommateur. En effet, une notation intermédiaire va attirer la suspicion et des interrogations auprès du consommateur. Si des anomalies sont relevées, il convient de donner au professionnel le délai pour rapidement les rectifier ».

Sans nul doute que l’Administration s’appliquera aussi rapidement à améliorer l’infaillabilité de ses présentations…

Best Africa arrière

Une vue des arrière-cuisines… Au top de la marche en avant et de la démarche HACCP !

Pierre Le Mercier